Le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), Charles Blé Goudé, a vivement dénoncé les opérations de démolition survenues à Koumassi Campement récemment, lors d’une conférence de presse tenue ce vendredi au siège de son parti à Cocody-Angré.
Face aux journalistes, l’ancien beas droit de Laurent Gbagbo a qualifié ces événements de « drame humain » et appelé à toute la lumière sur les responsabilités entourant cette affaire qui a plongé des centaines de familles dans la détresse.
Selon lui, les destructions intervenues le 3 juin dernier ont laissé de nombreuses familles sans abri, en pleine saison des pluies et à une période cruciale pour les élèves préparant les examens de fin d’année. « Derrière chaque maison détruite, il y a une histoire familiale, des souvenirs, des projets et des espoirs », a-t-il déclaré, estimant que la situation interpelle la conscience collective de la Nation.
Tout en saluant l’interpellation de l’auteur présumé des démolitions ainsi que les poursuites engagées par les autorités judiciaires, Charles Blé Goudé a soulevé plusieurs interrogations sur les conditions dans lesquelles l’opération a été menée.
« Comment une personne qui ne disposait manifestement pas d’une décision de justice autorisant une opération d’une telle ampleur a-t-elle pu mobiliser des moyens logistiques et humains aussi importants ? Comment a-t-elle bénéficié du concours de la force publique ? Qui a pris ces décisions ? Qui les a validées ? », s’est-il interrogé.
Pour le leader du COJEP, la manifestation de la vérité ne saurait se limiter à l’identification de l’auteur matériel des faits. Elle doit permettre de remonter toute la chaîne de responsabilités administratives et sécuritaires ayant rendu possible l’exécution de ces démolitions.
Le parti demande ainsi que les enquêtes en cours aboutissent à des sanctions contre toutes les personnes ayant participé, facilité ou laissé se dérouler ces opérations.
Au-delà des poursuites judiciaires, Charles Blé Goudé a insisté sur la nécessité d’une réparation en faveur des victimes. Il a plaidé pour la création d’un fonds d’urgence destiné au relogement et à l’indemnisation des propriétaires et locataires affectés.
Le président du COJEP a par ailleurs indiqué que son parti avait déjà apporté un soutien matériel aux populations sinistrées, déployé une équipe médicale sur le terrain et constitué un collectif d’avocats chargé d’assurer l’assistance juridique des victimes afin qu’elles obtiennent réparation du préjudice subi.
« Nous continuerons d’être aux côtés des populations déguerpies jusqu’à ce que justice leur soit rendue », a-t-il assuré.
Élargissant son propos, Charles Blé Goudé a estimé que l’affaire de Koumassi Campement dépasse désormais le cadre d’un simple litige foncier. Selon lui, elle soulève une question fondamentale relative à la protection des citoyens face à l’arbitraire.
« Un État fort n’est pas un État qui impose sa puissance aux citoyens. C’est un État qui protège les plus vulnérables contre toute forme d’abus, d’injustice et d’arbitraire », a-t-il affirmé.
Faisant le parallèle avec d’autres dossiers restés sans suite claire, il a dénoncé l’existence présumée de réseaux d’influence protégeant certains acteurs impliqués dans des affaires d’expropriation. « Hier, c’était l’affaire Komé Bakary. Aujourd’hui, c’est Brou Jacques. Qui sont ces intouchables qui se cachent derrière ces individus qui exproprient les pauvres populations ? », a-t-il lancé.
Par cette sortie, le président du COJEP entend maintenir la pression sur les autorités afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire qui continue de susciter une vive émotion au sein de l’opinion publique ivoirienne.
BS
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