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Réforme électorale en Côte d’Ivoire : Blé Goudé veut une institution débarrassée de toute influence de l’exécutif et des partis politiques

Le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), Charles Blé Goudé, a animé une conférence de presse ce vendredi au siège de son parti à Cocody-Angré. Au cours de cette rencontre avec les médias, il s’est prononcé sur deux sujets majeurs de l’actualité nationale : les démolitions controversées de Koumassi Campement et la réforme du système électoral ivoirien engagée par le gouvernement.

Concernant la gouvernance électorale, Charles Blé Goudé a salué la décision du gouvernement de dissoudre la Commission électorale indépendante (CEI), estimant qu’elle constitue « un tournant important » dans la vie politique du pays.

Selon lui, le COJEP a toujours soutenu que la CEI, dans sa configuration précédente, peinait à inspirer confiance aux populations en raison de la présence en son sein des acteurs politiques eux-mêmes engagés dans les compétitions électorales.

« Aucune démocratie ne peut prospérer lorsque l’organe chargé d’organiser les élections fait l’objet de critiques récurrentes », a-t-il déclaré.

Toutefois, le leader politique a souligné que la disparition de l’ancienne CEI ne saurait à elle seule résoudre les problèmes de crédibilité du processus électoral. Réagissant à la présentation faite le 22 juin dernier par le Premier ministre sur la future architecture électorale, il a estimé que le véritable débat commence désormais.

Le gouvernement propose la mise en place de trois structures distinctes chargées respectivement de l’organisation matérielle des élections, du recensement et de la centralisation des suffrages, ainsi que de la supervision générale du processus électoral.

Pour Charles Blé Goudé, la question essentielle ne réside pas dans le nombre d’institutions créées mais dans les garanties réelles d’indépendance qui leur seront accordées.

« Des institutions différentes dans leur forme peuvent produire les mêmes résultats si elles demeurent soumises aux mêmes logiques de dépendance ou d’influence », a-t-il averti.

Le président du COJEP a ainsi soulevé plusieurs préoccupations portant notamment sur le mode de désignation des membres des futurs organes électoraux, les garanties de leur autonomie, la neutralité de leurs animateurs ainsi que les mécanismes de traçabilité et de vérification des résultats.

À ses yeux, la réforme électorale doit avant tout être « une réforme de la confiance ».

« Les règles du jeu électoral doivent être acceptées par tous afin que les résultats des élections soient respectés par tous », a-t-il insisté, rappelant les nombreuses crises pré et postélectorales qu’a connues la Côte d’Ivoire.

Charles Blé Goudé a également réaffirmé son attachement à la mise en place d’une institution électorale débarrassée de toute influence de l’exécutif et des partis politiques. Il a salué, à cet effet, les réflexions menées avec plusieurs partenaires autour d’une proposition de loi organique visant à créer un Haut Conseil Électoral.

Estimant que la présentation du Premier ministre relevait davantage d’une séance d’information que d’un véritable échange, il a appelé le gouvernement à organiser une concertation nationale afin de recueillir les observations et propositions des différents acteurs politiques et sociaux.

« Après toutes les crises liées aux élections que nous avons connues, l’avenir du système électoral ivoirien exige une véritable concertation », a-t-il déclaré.

Le président du COJEP a également lancé un appel à l’ensemble de la classe politique ivoirienne, invitant chaque acteur à faire preuve de cohérence.

« Nous ne pouvons réclamer une institution indépendante et chercher à l’influencer. Nous ne pouvons demander un arbitre neutre tout en voulant choisir nous-mêmes l’arbitre », a-t-il affirmé.

Pour lui, les partis politiques doivent accepter de prendre leurs distances avec l’administration électorale afin de garantir la crédibilité du scrutin et préserver la paix civile.

En conclusion, Charles Blé Goudé a établi un lien entre la question des déguerpissements de Koumassi Campement et celle de la réforme électorale, estimant qu’elles renvoient toutes deux à une même exigence : celle de bâtir une République où les droits des citoyens sont protégés et où chacun se sent pleinement inclus.

« C’est cette Côte d’Ivoire plus juste, plus démocratique et plus solidaire que j’appelle de tous mes vœux », a-t-il conclu.

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