Les entreprises privées victimes de la désobéissance civile d’octobre 2020 liée à l’élection présidentielle croupissent sous le poids des crédits bancaires et sont menacées de fermeture.
« Nous sommes poursuivis par les banques qui ont mandaté des huissiers de justice pour saisir les biens de l’entreprise, notamment nos engins roulants, parce que nous n’arrivons pas à rembourser les crédits contractés. Cette situation fait suite à l’incendie de nos camions chargés de manganèse et aux actes de vandalisme subis par d’autres camions à Yamoussoukro dans la nuit du 30 au 31 octobre 2020, entre 2 h et 3 h du matin, alors que nous transportions du manganèse de la mine de l’entreprise indienne Shiloh Manganèses, située à Lagnonkaha, sous-préfecture de Guiembé, vers les ports d’Abidjan », a déclaré, le 24 février 2026 à Korhogo (nord de la Côte d’Ivoire), Silué Karna Souleymane, directeur de la Société ivoirienne de livraisons de travaux publics et de matériels de construction de transport (S.I.L.T.P-M.C).

L’entreprise est spécialisée dans le transport du manganèse du site de Lagnonkaha, dans la sous-préfecture de Guiembé, département de Dikodougou, région du Poro, au nord ivoirien.
Les camions ont été interceptés dans le village de Séman, à cinq kilomètres de Yamoussoukro, aux environs de 23 heures, par des individus se réclamant de l’opposition à l’application de la désobéissance civile, qui ont ensuite incendié les camions-bennes.
« Nous sommes victimes d’une situation dont nous ne sommes pas responsables. Nous sommes devenus de mauvais payeurs vis-à-vis de nos banques. Le matériel qui devait nous permettre de rembourser nos crédits a été incendié et détruit. Nous n’avons pas pu le remplacer.
Nous croyons au Président de la République, notre père à tous. C’est lui seul qui peut nous aider à nous en sortir. Après plusieurs démarches restées sans suite, le Président de la République, SEM Alassane Ouattara, est notre dernier recours. Nous lançons un SOS.
Cette situation nous a plongés dans le chaos, d’autant plus que nous travaillions avec un crédit bancaire de la COOPEC. Le matériel qui devait nous permettre de rembourser nos crédits a été brûlé. La structure financière ne cesse de nous poursuivre, tout comme les services des impôts. Nous n’avons reçu aucune assistance. Les poursuites judiciaires et les procédures de saisie des biens de l’entreprise, notamment les engins roulants, pourraient aboutir à la fermeture de l’entreprise et au licenciement du personnel », a-t-il expliqué.
Pour rappel, le camion-benne incendié transportait 33 tonnes de manganèse (immatriculation 2312HV01, cabine 22 88 HB01). Il a été entièrement brûlé. Les assaillants ont délibérément mis le feu au camion entre 2 h et 3 h du matin. Ensuite, à l’aide de gourdins, ils ont brisé les vitres et incendié les pneus d’un deuxième camion qui transportait 51 tonnes de manganèse.
Aly BENOGO OUATTARA
Correspondant régional
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