Dans le cadre de ses prérogatives de sécurisation et de valorisation des biens saisis, l’Agence de Gestion et de Recouvrement des Avoirs Criminels (AGRAC) a organisé, le jeudi 23 avril 2026 à Abidjan, une importante vente aux enchères publiques portant sur un lot de matériel de travaux publics de haute valeur.
L’opération, dirigée par le Commissaire de justice Maître Kouamé Ané Jean Bruce, a vu la mise sous le marteau de dix pelles hydrauliques et d’une chargeuse. Ces onze engins de travaux publics n’avaient pas été saisis par hasard. Ils constituent les instruments matériels de délits graves, allant de l’exploitation illégale de substances minérales et de métaux précieux à la pollution environnementale, en passant par le blanchiment de capitaux.
Cette initiative répond à une stratégie de gestion rigoureuse dictée par un double impératif. D’une part, il s’agit de neutraliser la dépréciation physique et technique de matériels dont la maintenance est coûteuse et la valeur volatile. D’autre part, cette vente garantit la préservation de la valeur marchande de ces avoirs sous une forme liquide, bien plus aisée à conserver.
La transparence financière est au cœur du processus. En effet, l’intégralité des fonds générés par ces enchères est immédiatement déposée sur un compte spécifique ouvert dans les livres du Trésor Public. Ces ressources y seront sanctuarisées jusqu’à ce que les tribunaux rendent leurs verdicts définitifs dans les procédures pénales concernées.
Cette session, qui a mobilisé de nombreux enchérisseurs, porte à dix-huit le nombre d’opérations de ce type menées par l’AGRAC depuis le début de ses activités en juin 2022. Au-delà de l’aspect comptable, cette action réaffirme la doctrine de l’État ivoirien en matière de criminalité économique.
Georges Badiel
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