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Réforme électorale en Côte d’Ivoire : Le plaidoyer de Geoffroy-Julien Kouao pour une « Commission de technocrates »

La dissolution de la Commission Électorale Indépendante (CEI) marque un tournant décisif dans le paysage politique ivoirien. Pour le politologue et essayiste Geoffroy-Julien Kouao, cet acte ne doit pas être une simple formalité administrative, mais le point de départ d’une refondation profonde, loin des calculs partisans.

 

C’est un pavé dans la mare des certitudes politiques. En saluant la dissolution de la CEI, Geoffroy-Julien Kouao pose un diagnostic clair : nous assistons peut-être à la fin des « temps impolitiques ». Mais alors que l’ancienne structure tire sa révérence, une question brûle toutes les lèvres : quel visage aura la nouvelle architecture électorale de la Côte d’Ivoire ?

 

Si d’aucuns suggèrent un retour à l’ancien modèle où l’exécutif pilotait les scrutins, l’expert est catégorique : l’hypothèse de confier l’organisation des élections au Ministère de l’Intérieur est une fausse bonne idée. « Inadaptée à notre contexte politique », juge-t-il. Dans un environnement où la suspicion entre acteurs politiques reste vive, la neutralité de l’administration territoriale semble être un gage d’équité encore trop fragile.

 

Quelle alternative alors ? Kouao plaide pour une rupture avec la politisation à outrance de l’organe de régulation. Sa proposition est audacieuse : une structure animée par la société civile, des technocrates et des intellectuels.

L’idée est de substituer la légitimité militante par une légitimité de compétence et d’impartialité. En sortant du schéma classique « pouvoir contre opposition », la nouvelle structure pourrait enfin devenir ce qu’elle aurait toujours dû être : un arbitre indépendant plutôt qu’un champ de bataille.

 

Toutefois, la refonte de la CEI n’est que la partie émergée de l’iceberg. Pour que la volonté de « refonder le système électoral » soit crédible, Geoffroy-Julien Kouao estime qu’il faut toucher au cœur du réacteur :

Le Conseil Constitutionnel. Le politologue appelle à revoir le mode de désignation de ses membres. Juge ultime des contentieux électoraux, son indépendance est la clé de voûte de la paix sociale post-électorale.

La triple réforme :Le chantier doit être holistique. Au-delà du cadre institutionnel, c’est l’arsenal juridique et les processus **opérationnels** qui doivent être passés au crible.

La dissolution de la CEI est, selon l’essayiste, un acte « salutaire » qui traduit une réelle volonté politique. Mais le succès de cette transition ne se mesurera pas à la signature des décrets de dissolution, mais bien à la capacité de l’État à bâtir un système où le vote du citoyen est protégé par des institutions inattaquables.

Le temps des ajustements cosmétiques semble révolu. La Côte d’Ivoire est désormais à la recherche d’une monture institutionnelle capable de transformer ses joutes électorales en exercices démocratiques apaisés.

 

Bintou Sanogo

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