Au lendemain de l’annonce de la dissolution de la Commission Électorale Indépendante (CEI) par le Conseil des ministres, les partis et personnalités de l’opposition, réunis sous la bannière du CNC-MGC, ont brisé le silence. Dans une déclaration conjointe publiée ce vendredi 8 mai 2026, ils saluent un « tournant institutionnel », tout en posant des conditions strictes pour la suite du processus.
Le paysage politique ivoirien est en pleine ébullition. La dissolution de la CEI, actée le mercredi 6 mai dernier, était une revendication historique de l’opposition. Pour les signataires de la déclaration du 8 mai, cet acte est l’aveu tacite, par le gouvernement, du caractère « partisan et déséquilibré » de l’ancienne structure. Toutefois, le ton n’est pas à l’euphorie, mais à la vigilance.
L’opposition exprime un regret majeur : le timing. Selon elle, cette réforme arrive trop tard, après une élection présidentielle de 2025 marquée par des tensions et des pertes en vies humaines. « Ce manque de volonté a contribué à nourrir un climat de défiance », déplore le collectif, soulignant qu’une telle décision prise en amont aurait épargné au pays des crises inutiles.
L’inquiétude majeure de l’opposition réside désormais dans la nature de l’organe qui succédera à la CEI. Un message clair est adressé à l’exécutif : le futur organe doit être totalement affranchi de toute tutelle, en particulier celle du ministère de l’Intérieur. Pour les signataires, un retour sous le giron ministériel constituerait un « recul démocratique majeur ».
Ils plaident pour une institution « dépolitisée », où les membres seraient nommés sur la base de leur intégrité et de leur compétence plutôt que de leur appartenance partisane.
Loin de se contenter d’une simple critique, l’opposition souhaite s’imposer comme une force de proposition. Elle annonce la mise sur pied d’un **comité de réflexion** chargé d’élaborer un nouveau modèle de gestion des élections. Ce projet sera soumis officiellement aux autorités dans les jours à venir.
Parmi les exigences phares formulées pour garantir la crédibilité des futurs scrutins, on retrouve :
* **La protection constitutionnelle** du statut du nouvel organe.
* **Une autonomie financière et opérationnelle** totale.
* **Un redécoupage électoral équitable** et une révision consensuelle de la liste électorale.
En conclusion, le CNC-MGC appelle le gouvernement à ne pas agir de manière unilatérale. « C’est par ce consensus inclusif que pourra être construite une institution digne de la confiance des citoyens », affirme la déclaration.
Alors que la Côte d’Ivoire cherche à stabiliser son cadre démocratique, la main tendue de l’opposition pour un « dialogue politique franc » place désormais la balle dans le camp du pouvoir. La manière dont sera conduite cette transition institutionnelle déterminera, sans nul doute, la sérénité des prochaines échéances électorales.
BS
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