Tête baissée…
L’ancien président, Laurent Gbagbo, a expliqué, jeudi, lors d’une réunion du comité central qu’il était prêt à demeurer à la tête de son parti pour continuer le combat. Parce que rien ne dit qu’un combat politique bien mené ne débouchera pas sur la victoire, a-t-il résumé sa posture.
Selon le compte-rendu que j’ai lu sur des réseaux sociaux, cette déclaration aurait déclenché un tonnerre d’applaudissements dans la salle. Car cela montre que l’ancien président ne prend plus sa retraite comme il l’avait promis, d’une part, et que, bien au contraire, il faudra probablement compter avec lui pour l’élection présidentielle à venir, d’autre part.
Je ne sais pas quelle leçon de l’histoire des hommes permet d’imaginer qu’on peut gagner en reprenant les mêmes erreurs, la même inertie, le même aveuglément.
D’autant que depuis la chute de Laurent Gbagbo, c’est comme si l’histoire s’était arrêtée. Hier encore, l’ancien président est en effet revenu sur le rejet de sa candidature à l’élection présidentielle. Il aurait aussi pu parler de l’attaque de sa résidence par la rébellion, de son emprisonnement à la CPI, de ses entrevues avec Kadhafi… comme il le fait habituellement, parce que tout doit fatalement être ramené à lui.
Donc j’imagine que les prochaines années seront encore consacrées à sa candidature, à sa présence sur la liste électorale, vu que, et je n’entends que cet argument depuis des années, il n’est pas le plus âgé de la classe politique.
Au-delà de l’endoctrinement, qui est manifeste, cet aveuglément se nourrit aussi de l’obsession à affronter Alassane Ouattara, de prendre une revanche sur lui quoiqu’il advienne, alors qu’il faudrait enfin chercher à imaginer une autre politique, une autre espérance détachée de la haine qu’on peut avoir au vu de tout ce qui s’est passé.
Malheureusement, rien de tel. Une femme appelée Nady Gbagbo a même écrit que son époux représente à lui seul la gauche et le socialisme, et qu’il n’y avait pas plus concret que ce qu’il a accompli en la matière.
A une semaine du premier congrès du parti, son intention était d’appeler à la béatification de son mari parce que tous deux ne peuvent pas envisager leur avenir sans le ppa-ci, sans cette confrontation ultime avec ceux qui les ont vaincus.
Je ne sais pas si beaucoup en mesurent les conséquences. Mais on ne peut pas avoir 1800 personnes en prison, d’autres décédées dans les péripéties d’un combat politique sans profondeur stratégique et continuer à foncer tête baissée.
Joseph Titi Gnahoua
NB: LE TITRE EST DE LA RÉDACTION
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