Le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) a présenté, le lundi 6 juillet à Dakar, son Rapport annuel 2025, à l’occasion de sa session annuelle d’information des ambassadeurs, des partenaitechniques et financiers, couplée à sa conférence de presse.
Au nom du Directeur général du GIABA, Edwin W. Harris Jr., le Directeur de l’Administration et des Finances par intérim, Cherno Mam Jallow, a présenté les principales avancées enregistrées par les États membres dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération.
Abordant le cas de la Côte d’Ivoire, il a expliqué que son inscription sur la liste grise était liée à l’importance de son économie et de son système financier, parmi les plus développés de la sous-région. Selon lui, même si d’autres pays présentaient des insuffisances comparables, voire plus importantes, leurs systèmes financiers plus modestes limitaient les risques d’impact régional et international.
« Plus une économie est développée, plus les risques potentiels de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme sont importants. C’est cette réalité qui a justifié l’inscription de la Côte d’Ivoire sur la liste grise », a-t-il expliqué.
Le représentant du Directeur général du GIABA a toutefois salué les réformes engagées par les autorités ivoiriennes. Il a indiqué que les efforts déployés pour renforcer le dispositif national de lutte contre la criminalité financière ont permis de réduire considérablement le niveau de risque du pays.
Selon lui, ces progrès devraient conduire à la sortie de la Côte d’Ivoire de la liste grise d’ici la fin de l’année 2026, sous réserve de la validation du processus par les instances compétentes.
Il a souligné qu’une telle décision renforcerait la confiance des investisseurs, favoriserait la reprise de plusieurs projets d’investissement et améliorerait davantage l’attractivité économique du pays.
Le responsable du GIABA a rappelé que plusieurs États de la région, notamment le Sénégal, le Ghana et le Nigeria, ont également été confrontés à ce processus d’évaluation avant d’améliorer leur dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux.
Il a enfin insisté sur la nécessité, pour les États membres, de maintenir leurs efforts en vue du troisième cycle d’évaluations mutuelles, afin d’éviter un retour sur la liste grise et de consolider les acquis enregistrés. Il a également relevé les avancées réalisées en matière de poursuites judiciaires et de production de statistiques sur les enquêtes et condamnations liées à la criminalité financière, illustrant le renforcement progressif des mécanismes de lutte contre le blanchiment de capitaux dans la région.
F.Kossonou
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