Quatorze cargaisons de mangues touchées par la mouche des fruits ont été saisies sur les marchés européens puis incinérées. Une situation préoccupante qui pousse le ministère de l’Agriculture ainsi que l’Interprofession mangue à prendre des mesures fermes afin d’éviter une suspension de la Côte d’Ivoire du marché européen.

Le Directeur exécutif de l’Interprofession de la mangue de Côte d’Ivoire, regroupant les producteurs, commerçants-exportateurs et transformateurs, M. Malan Manlan Kadjo Désiré, a apporté des précisions et fait des révélations, le 12 mai 2026 au siège de la structure à Korhogo, dans le nord de la Côte d’Ivoire, au sujet des actions menées contre certains exportateurs dont les cargaisons expédiées en Europe ont révélé, après des tests phytosanitaires, la présence de piqûres de mouches des fruits.
Ces cargaisons ont été saisies puis incinérées en pleine campagne de commercialisation, a-t-il indiqué.
Selon lui, l’Union européenne envisage des sanctions pouvant aller de l’interdiction d’exportation pour certaines entreprises jusqu’à une éventuelle suspension de la Côte d’Ivoire du marché européen si les cargaisons contaminées continuent d’être détectées.
La Côte d’Ivoire, qui occupe la troisième place des exportateurs de mangues vers l’Europe après le Brésil et le Pérou, est désormais sous forte surveillance.
Le Directeur exécutif de l’Interprofession mangue a expliqué que la circulaire du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, à travers la Direction générale des productions et de la sécurité alimentaire (DGPSA) et la Direction de la protection des végétaux, du contrôle et de la qualité (DPVCQ), portant le numéro 0515/MINADERPV/CAB/DGPSA/DPVCQ du 06 mai 2026, « n’a pas été prise pour écarter certains exportateurs ».
« Cette décision a été prise en accord avec l’Interprofession de la mangue face à la problématique des mouches des fruits afin d’amener les acteurs à plus de vigilance pour éviter une suspension définitive des activités », a-t-il déclaré.
Poursuivant, M. Malan Manlan Kadjo Désiré a révélé que « la campagne de commercialisation 2026 a déjà enregistré 17 saisies de cargaisons de mangues exportées pour présence de mouches des fruits ».
Il a rappelé que les mangues mettent environ 24 heures pour arriver en Europe par avion et près de deux semaines par bateau.
« Malheureusement, certaines cargaisons arrivent avec des piqûres de mouches des fruits », a-t-il regretté.
Le Directeur exécutif a également souligné que l’Union européenne exige désormais une traçabilité rigoureuse des produits exportés, notamment les documents administratifs ainsi que les normes liées à la confection des palettes servant au transport des mangues.
« Ce sont des exigences qui échappent encore à certains exportateurs », a-t-il déploré.
Face à l’augmentation des infestations au cours du mois de mai, la Direction générale des productions et de la sécurité alimentaire ainsi que la Direction de la protection des végétaux, du contrôle et de la qualité ont adressé plusieurs correspondances aux acteurs de la filière avant de décider d’une fermeture anticipée de la campagne de commercialisation.
« Seuls les exportateurs n’ayant enregistré aucune saisie de cargaisons contenant des piqûres de mouches des fruits sont autorisés à poursuivre leurs activités », a précisé le responsable de l’Interprofession.
Dans sa circulaire, le Directeur de la protection des végétaux, du contrôle et de la qualité indique qu’après concertation avec l’Interprofession de la mangue, et au regard des résultats de la surveillance nationale montrant de forts taux de populations de mouches des fruits dans plus des deux tiers des vergers surveillés, ainsi que du nombre élevé d’interceptions, soit 14 au 08 mai 2026, notifiées par la Commission européenne, il a été décidé la fin de la campagne de commercialisation des mangues fraîches à destination des pays membres de l’Union européenne le vendredi 08 mai 2026 à 22 heures pour les expéditions par avion et le dimanche 10 mai 2026 à 22 heures pour les expéditions par navire.
La circulaire précise également que les opérateurs disposant d’un dispositif renforcé et efficace de gestion des mouches des fruits, approuvé par la DPVCQ, et n’ayant fait l’objet d’aucune notification d’interception durant la campagne en cours, sont autorisés à poursuivre les exportations vers l’Union européenne jusqu’à nouvel ordre.
Aly Benogo Ouattara, Correspondant régional
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